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Mobilité, densité, proximité : lieux de commerces métamorphosés

Sur Actisud, l’une des plus grandes zones commerciales de France, entre Metz et Nancy, un vaste espace commercial vit sa métamorphose. Mobilités douces, connexions avec la ville, circuits courts, bien-être et espaces de vie… Et si nos lieux de commerce d’aujourd’hui étaient nos quartiers durables de demain ?

Les Gravières, de lieu de commerce à lieu de vie...

Lundi, 12h15. La salle de réunion au-dessus du magasin Kiabi de la rue des Gravières bourdonne des conversations d’une quinzaine de commerçants. Quelques nouveaux venus ont rejoint les échanges : les cinq producteurs associés du magasin les Grands Prés – un magasin de vente directe de produits locaux en circuit court à l’ouverture imminente – ou encore la directrice de la micro-crèche d’Augny, qui aimerait s’implanter sur la zone… A l’heure où la première phase de transformation des Gravières se concrétise, les commerçants sont venus partager leurs questions et leurs attentes avec Philippe Balsenq, Responsable de programmes chez etixia.

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Philippe, c’est un peu le chef d’orchestre du projet de réenchantement de la zone. Énergique, engagé, exigeant, il est le rouage qui fait avancer, petit pas par petit pas, la mécanique de la transformation des Gravières lancé en 2018. Il y a du travail, certes, mais un énorme potentiel.

Réunion d’information des commerçants
Réunion d’information des commerçants de la zone des Gravières sur Actisud. Le projet est pensé en co-construction avec eux, mais aussi avec les élus locaux.

 

Quand on l’écoute, on se projette : “6000 personnes travaillent sur la zone. Demain, nous aimerions leur proposer des lieux sympas, peut-être des espaces de coworking, de quoi trouver un café chaud quand on arrive à 7h le matin…” Il dessine, en mots-clés, le futur de la zone. Des mobilités douces. De la proximité. Des leviers de qualité de vie pour les salariés et pour les consommateurs. Un des associés des Grands Prés imagine une mini-ferme, pas très loin du magasin. Pas très loin de la potentielle micro-crèche non plus.

Trois des cinq associés des Grands Prés
Trois des cinq associés des Grands Prés échangent avec Philippe Balsenq sur l’avenir de la zone. Des chemins piétons repensés et renaturalisés transformeront l’espace devant le magasin.

 

Toutes les énergies tirent dans le même sens : transformer ce lieu de commerce en lieu de vie, l’adapter aux évolutions de la ville et répondre aux attentes des consommateurs. Pour le pérenniser, tout simplement.

 

Réinventer la zone commerciale des Gravières

Il faut s’imaginer Actisud: 260 ha de zone d’activités, la seconde plus grande zone commerciale en France, implantée entre Metz et Nancy, au carrefour d’une autoroute et d’une route départementale. La zone est sortie de terre entre les années 1970 et 1980. “Les projets se sont montés les uns à côtés des autres, sans connexion entre eux et en s’appuyant quasi exclusivement sur l’usage de la voiture”, décrit Philippe Balsenq. Une série de “boîtes à chaussures” qui, en 2014, ont vu s’installer juste à côté d’elles Waves, un ovni architectural autant que retail park qui mixe commerces, loisirs et restauration autour d’un parc paysager.

Plan Actisud
La zone des Gravières se situe pile à l’interface entre Actisud (à gauche) et la ZAC du Frescaty (à droite), ancienne base aérienne en restructuration. De secteur enclavé, elle a tout le potentiel pour devenir une porte d’entrée sur la deuxième plus vaste zone commerciale de France.

 

Et dans l’angle opposé de Waves, le secteur des Gravières. Un terrain de jeu pile à l’interface entre Actisud et l’ancienne base aérienne 128, la ZAC du Frescaty, où Metz Métropole prévoit de créer “un quartier d’activités durable et exemplaire”, de services et loisirs, commerce et tertiaires.

La vitalité des voisins, c’est une opportunité pour les Gravières. Une opportunité à ne surtout pas manquer. Sourire commerçant aux lèvres, David dirige le restaurant la Pataterie depuis 8 ans. Il résume, lucide : “ Sur les Gravières on était endormi, tandis que juste à côté, de grands projets se faisaient… et qu’on les regardait se faire. Avec la vision qu’apporte etixia, on va redynamiser la zone”.

 

François Henrion
Pour François Henrion, maire d’Augny, le projet est structurant pour l’avenir du territoire, et ancré dans les attentes des consommateurs.

Des parcours clients repensés au hub de mobilité

Les problématiques des Gravières sont celles de nombreuses zones commerciales anciennes. Un secteur enclavé, accessible uniquement par la voiture, des embouteillages réguliers, l’absence d’alternatives modales, un manque d’harmonie entre des projets architecturaux successifs, une absence de gouvernance globale… Comment repenser ces zones, les rendre attractives ? Comment faire en sorte qu’elles répondent mieux aux attentes de consommateurs ? Ici, pour etixia, les commerçants et les élus locaux, la réponse c’est refaire le commerce sur le commerce. Réviser le décor architectural ne suffit plus. Aux Gravières, le projet va plus loin et s’articule autour de trois piliers :

  • restructurer l’architecture pour repenser le parcours client
  • connecter Actisud et la ZAC du Frescaty grâce à des liaisons douces
  • projeter la zone dans l’avenir en proposant des services, des commerces et des solutions de mobilités adaptés aux attentes des consommateurs.
Circulation piétonne repensées.
Circulation piétonne repensée, hub de mobilités, zone de repos et de convivialité, mixité de services, les Gravières seront demain un lieu de vie.

Un accent sur les mobilités

C’est par la mobilité que tout a commencé. En juin 2018 etixia a réalisé sur les Gravières le premier plan de mobilité interentreprises à l’échelle d’une zone commerciale en France. Un outil fondateur pour repenser les déplacements sur la zone à long terme. Aujourd’hui, 82 % des salariés utilisent la voiture pour leur trajet domicile-travail, 12 % seulement recourent aux transports en commun et 2 % au vélo… Pourtant, ils sont 17 % à résider à moins de 15 minutes en vélo des Gravières, et 37 % à résider à proximité d’un arrêt de bus des lignes 1 et 2. 30 % des salariés interrogés seraient prêts à recourir au covoiturage.

Philippe Balsenq
Philippe Balsenq, Responsable de programmes pour etixia, anime le projet

 

La réunion du jour est l’occasion de rappeler les réponses à venir. Le développement et la sécurisation de chemins piétonniers et de voies cyclables connectées avec celles qui existent déjà. Une extension des lignes de bus est à l’étude du côté des collectivités. En corollaire, les voies de livraisons se mutualisent et se repensent (elles passent de 8 à 3), les parkings aussi (de 11 à 5). A moyen terme, etixia envisage la création d’un hub multimodal sur la zone des Gravières, pour accueillir et pourquoi pas réparer les vélos, les trottinettes… à proximité, justement, de plusieurs magasins spécialisés dans le sport et la pratique cycliste.

David, Gérant du restaurant La Pataterie
Gérant du restaurant La Pataterie, David est aussi trésorier de l’association des propriétaires, relancée par le projet de transformation de la zone. Cette association travaille avec les élus, les services techniques et etixia à la réinvention des Gravières.

Des services adaptés aux attentes des consommateurs

Un pas après l’autre, une direction se dessine, avec les commerçants et les élus locaux. D’une zone enclavée, vieillissante, les Gravières se socialisent, se densifient, s’organisent. Et se donnent du sens. C’est François Henrion, le maire d’Augny, une des quatre communes sur lesquelles s’étend Actisud, qui le résume le mieux : “Aujourd’hui, le consommateur change de fonctionnement. La restructuration qui est promise va lui proposer une offre qui repose non plus sur du seul commerce, mais aussi sur du sport, des loisirs, de la santé, des services. La zone va évoluer vers un mode de consommation différent, des circuits courts et des déplacements doux. C’est ce qui va la faire grandir”.

 

Les Grands Prés sont dans l’air du temps
Les Grands Prés sont dans l’air du temps : directement géré par des producteurs locaux (notre photo), le magasin proposera des produits frais, de saison, en circuit court. Ils augurent d’un renouveau de la zone autour de commerces, d’activités et de services dédiés au sport, à la santé, au bien-être.

 

Il est 13h45 quand la réunion se termine. Des travaux qui créeront les nouvelles liaisons piétonnes au covoiturage et jusqu’à la nouvelle identité de marque de la zone, Philippe a passé en revue mine de rien de nombreuses évolutions. Un début seulement. Philippe l’assure : “On va continuer à s’occuper de la zone”.

Actisud : tout comprendre en une image